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lundi 11 avril 2016

Pas de suppression sans évaluation



Pas de suppression sans évaluation

Nous pouvons convenir que Ségolène Royal n’a laissé qu’un panier percé à Alain Rousset,  que la situation financière de Poitou Charentes est plus que préoccupante et qu’il y a effectivement urgence à corriger la trajectoire. L’audit flash présenté la semaine passée à la commission finances confirme ce que l’opposition picto-charentaise avançait et dénonçait depuis plusieurs années.
Mercredi prochain, lors de la séance plénière, les élus UDI présenteront une motion demandant au président Rousset d’apporter des éléments d’analyse plus poussés soit par un audit complémentaire soit par le biais de la Chambre Régionale des Comptes.
Il est important que nous puissions connaître les raisons d’une telle dégradation de la situation financière de Poitou Charentes mais aussi que nous puissions identifier les responsabilités.
Alain Rousset a déjà annoncé la suppression de diverses politiques publiques dont les très emblématiques Nuits Romanes.  Ces suppressions concernent uniquement à ce jour l’ex Région Poitou Charentes. Dans cette motion, nous demandons au président Rousset que les dispositifs puissent être évalués avant d’être supprimés, ce qui permettra de prendre les décisions idoines et de supprimer les dispositifs inefficaces pour une meilleure gestion des deniers publics.
Les travaux liés à l’harmonisation des politiques publiques doivent être engagés au plus vite et dans l’attente les dispositifs existants pourraient perdurer dans une enveloppe budgétaire définie par l’exécutif.

TEXTE de la MOTION UDI



Rousset à l’Isle d’Espagnac ou le syndrome de la « target fascination »




Quel drôle de début de mandat !
Alors que la loi NoTRE nous « invitant » à réformer l’organisation administrative de nos territoires en inquiétait plus d’un, nombre de picto-charentais avaient tout de même déclaré leur flamme aux aquitains, souhaitant ardemment le rapprochement de Poitou Charentes avec sa voisine Aquitaine ?
On peut dire que ce début de mandat chaotique de notre nouvelle région ALPC n’aura pas permis de rassurer les sceptiques de la loi NoTRE mais qu’il aura toutefois réussi à inquiéter les partisans du rapprochement du Poitou Charentes, Limousin et de l’Aquitaine.

Voilà bientôt 4 mois que l’assemblée régionale a été installée, que la lourde machine a bien du mal à se mettre en route mais 4 mois aussi que les picto-charentais sont montrés du doigt.

Rousset ne pouvait pas ne pas savoir !
Qui aurait pensé que le président socialiste de notre région dénoncerait avec tant de véhémence la politique menée par Ségolène Royal pendant sa présidence de la Région Poitou Charentes et que dans le même temps, il pointerait du doigt l’ensemble des territoires et citoyens picto-charentais ?
L’opposition à laquelle j’appartiens est étonnée d’une chose : la surprise d’Alain Rousset qui semble découvrir la situation financière de l’ex-Poitou Charentes. Allons, allons qui veut bien croire que le président des régions de France n’était pas au courant de la gestion catastrophique de sa voisine ? Durant plusieurs années, les conseillers régionaux d’opposition n’ont eu de cesse de dénoncer les participations coûteuses et hasardeuses dans des entreprises (Heuliez, Mia, diverses SEM….), la mise en place de dispositifs clientélistes (financement de récupérateurs d‘eau, de poêles à granulés….), un crédit-bail démesuré pour financer les trains permettant ainsi de camoufler de la dette, une dette composée d’emprunts toxiques, l’intervention de la région dans des politiques qui n’étaient pas siennes (l’hôpital Nord Deux Sèvres….). Bref, tout cela était connu et la chambre régionale des comptes s’en était fait l’écho dans son dernier rapport… Comment Alain Rousset aurait-il pu ne pas le savoir ?

Target fascination
Alors pourquoi tout ce ramdam et surtout pourquoi maintenant et pas avant la fusion ? Pourquoi ces décisions précipitées : suppression du Fonds régional d’intervention locale (aide à l’investissement des communes), suppression du FREE, des Nuits Romanes …?
Parce que Alain Rousset est victime du syndrome du target fascination. Il est fasciné par sa cible et en vient à prendre des décisions précipitées et absurdes. A tant vouloir porter Ségolène (sa cible, son target) et ses politiques au bûcher, il en oublie la région, les territoires.

Harmoniser : OUI – Uniformiser : NON

Lorsque samedi, je suis arrivée à L’Isle d’Espagnac où Alain Rousset avait décidé de réunir les maires d’ALPC (au passage ils étaient assez peu nombreux, 600 - comptage optimiste des syndicats ;-) ), j’ai été d’emblée intriguée et intéressée de voir sur scène Olivier Bouba Olga, le professeur et chercheur en Economie à Poitiers dont j’apprécie particulièrement les travaux. Plutôt rassurant de le voir venu nous dire que la grande taille des collectivités tout comme une métropolisation extrême n’étaient pas un facteur de réussite en matière d’aménagement et de développement des régions, qu’il faudrait être attentifs aux territoires et à leurs avantages comparatifs. Heureuse de voir Alain Rousset lui emboîter le pas en expliquant que la fusion allait certes nécessiter un temps d’harmonisation mais qu’harmoniser les politiques publiques ne voulait pas dire uniformiser et qu’il faudrait être en capacité de développer des dispositifs adaptés aux territoires. Comment ne pas être en accord avec cela ?
Mais aux déclarations d’intentions succèdent les actes…. Et c’est là que le bas blesse.

Corriger : OUI mais pas sans évaluation des dispositifs et politiques publiques existants
Si chacun d’entre nous (élus mais aussi citoyens/contribuables) peut comprendre qu’il y a urgence à stopper l’hémorragie financière picto-charentaise, qu’il faudra pour cela prendre des décisions courageuses, il reste néanmoins bien compliqué d’accepter et de justifier les décisions prises dans la précipitation par Alain Rousset tout seul.
Bien sûr que notre nouvelle région devra se recentrer sur ses compétences et cesser le saupoudrage d’argent public. Alors, revoir les dispositifs, bien sûr – supprimer les dispositifs clientélistes dont l’effet levier n’est pas avéré, je dis oui. Restreindre l’aide de la région aux communes, bien sûr dans le contexte budgétaire et financier que nous connaissons mais supprimer complétement le FRIL, non. Revoir ou diminuer l’engagement de la région dans sa politique culturelle, pourquoi pas mais supprimer totalement le festival des Nuits Romanes qui est peut-être la seule réussite de Royal, non.
Bien sûr que les élus régionaux vont devoir faire des choix mais la matière première de la décision, c’est l’information et à ce jour, nous n’avons eu aucune évaluation des politiques publiques régionales ! Sur quel fondement sont-elles donc supprimées ? Pourquoi supprimer telle politique plutôt que telle autre ? Quelle était son efficacité, quel était l’effet levier des euros dépensés ? Etaient-ils aussi utiles que Ségolène nous le disait ? Nous n’avons aucune réponse à ces questions. Je ne peux pas croire qu’Alain Rousset joue à pile ou face pour décider.
Bien sûr qu’il va falloir harmoniser nos politiques.  Mais jusqu’à ce jour, toutes les politiques du Limousin et de l’Aquitaine sont maintenues et seules celles de Poitou Charentes sont supprimées. Où est l’équité territoriale ? Une année blanche en Poitou Charentes (car c’est bien vers cela que l’on file !) sera difficilement supportable pour nos collectivités mais aussi et surtout pour nos entreprises.
Bien sûr que cette harmonisation devra se faire au plus vite. Mais alors qu’attend Alain Rousset pour réunir le groupe de travail « harmonisation des politiques publiques » ? Il a été prompt à supprimer mais moins à proposer.  Et faire au plus vite, ne veut pas dire faire dans la précipitation, ne veut pas dire rompre les engagements pris car oui l’ex région avait pris des engagements et oui depuis des mois des compagnies travaillaient à la préparation des Nuits romanes, oui des sociétés avaient été retenues par appel d’offre pour travailler pour le festival durant les trois mois d’été, oui des communes avaient elles aussi pris des engagements.




Royal & Rousset : des ressemblances avérées
Je crains que ce début de mandat régional nous laisse augurer d’une suite plus que difficile. Si Royal et Rousset ne peuvent pas se supporter, si nous pouvons clairement acquiescer quand Rousset nous dit que la gestion Royal n’était pas une bonne gestion, je crains toutefois avoir vu en Rousset quelques traits de caractère que possède la madone du Poitou : Alain Rousset tout puissant, décide seul oubliant que la collectivité qu’il dirige est soumise à un fonctionnement démocratique.
Les élus régionaux ont appris la fin des Nuits romanes par voie de presse. Cette décision est pour l’heure une décision personnelle du président puisqu’elle n’a pas été soumise au vote des conseillers régionaux. Il en est de même pour le FRIL et les autres dispositifs. J’ose espérer qu’Alain Rousset ne pratiquera pas à outrance le 49-3.
A vouloir à tout prix régler ses comptes avec Ségolène Royal, Alain Rousset en a oublié l’intérêt de la région et de nos territoires et citoyens picto charentais. A vouloir à tout prix la punir, il punit les picto-charentais, ceux-là même qui sont depuis des années les victimes de la politique « Royal ».

La réflexion précède l'action, la précipitation ruine toutes affaires.
Chevalier de Méré

samedi 27 février 2016

Mme le Ministre, des "royalties" pour Poitou- Charentes



Mme le Ministre, des "royalties" pour Poitou- Charentes

Lettre ouverte à Madame la Ministre, Ségolène Royal, et lien vers la pétition créée ce jour http://www.petitions24.net/demarche_participative_soutien_a_poitou


Madame le Ministre,

Nous souhaitons attirer votre bienveillante attention sur la situation d'une région avec laquelle vous avez un lien particulier: Poitou- Charentes. Présidente de Région de 2004 à 2014, vous avez été à l'initiative des politiques et donc des orientations budgétaires pendant cette période. Puis conseillers régionaux comme vous jusqu'à décembre dernier, nous n'avons pas eu connaissance que vous ayez voté contre les orientations de votre successeur et de sa majorité. Depuis 2004, en tant que Présidente de Région, vous avez souhaité faire de Poitou- Charentes un "laboratoire régional" permettant de "promouvoir la politique par la preuve" (Libération 23/09/2011). Lors de votre nomination comme ministre, vous assuriez d'ailleurs aux journalistes de la Nouvelle République, le 3 avril 2014, que vous alliez " vous appuyer sur votre laboratoire en région" permettant ainsi "d'étendre à l'échelle nationale la politique expérimentée en Poitou- Charentes".
Aujourd'hui, comme nous en avions exprimé la crainte à plusieurs reprises dans l'hémicycle pendant votre mandat, selon le Président Rousset, ce "laboratoire" est en retard pour payer 132 millions d'euros. Ces sommes dues depuis des mois mettent en danger bon nombre d'entreprises locales. D'un point de vue tant financier que logistique, le paiement des ces dettes risque d'imputer gravement la capacité à soutenir, cette année, de nouveaux projets pour nos territoires qui, nous le savons, vous sont si chers. Peut donc se profiler une "année blanche" pendant laquelle des investissements utiles pour nos habitants seront sûrement reportés voire annulés avec le risque que nos entreprises locales déjà très fragilisées ne survivent pas à une absence de commande. Vous avez été nommée ministre il y a presque deux ans maintenant et reconduite lors du dernier remaniement. Il semblerait donc que vous ayez pu valoriser le travail fait dans "votre laboratoire" Poitou- Charentes. Aussi, Madame le Ministre, nous souhaitons aujourd'hui vous demander la solidarité de la nation afin que les Picto- Charentais ne soient pas les seuls à payer (cher!) le coût d'expérimentations que vous avez souhaité présenter comme utiles pour le pays tout entier. Il nous parait légitime que le pays participe donc à l'effort important consenti par Poitou- Charentes pour vous offrir l'opportunité "d'étendre à l'échelle nationale" cette politique locale. Nous nous permettons donc de vous demander de mobiliser une enveloppe ministérielle d'urgence afin que nos territoires puissent continuer de soutenir de nouveaux projets locaux d'investissement utiles à leur développement et à leurs habitants et ainsi peser dans la Grande Aquitaine. Cela permettrait également au Président Rousset de mener en toute sérénité le travail d'audit budgétaire sans subir la pression de l'urgence pour nos communes et nos entreprises. En résumé, nous vous demandons que l'Etat puisse s'acquitter des "royalties" des expérimentations que vous avez menées en Poitou- Charentes car nous craignons que les pictocharentais soient sanctionnés pour une mauvaise gestion dont ils ne sont aucunement responsables.
Assurés de la bienveillante attention que vous ne manquerez pas de porter à cette demande, nous vous prions d'agréer, Madame le Ministre, l'expression de nos salutations distinguées.
Véronique Marendat, Bruno Drapron, Xavier Argenton, Véronique Abelin

Conseillers régionaux UDI sortants de la Région Poitou-Charentes

Conseillers régionaux UDI de la Région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes